Les Micro certifications numériques, vers une reconnaissance par blocs de compétences
Sommaire
La fin du modèle unique de formation longue : les microcertifications numériques, une nouvelle façon de reconnaître les compétences
L'Europe accélère vers une reconnaissance commune des microcertifications
Pourquoi l'approche par blocs de compétences devient stratégique
La certification numérique, un nouveau standard de confiance
Comment Prosoon accompagne les établissements dans cette évolution
La fin du modèle unique de formation longue : les microcertifications numériques, une nouvelle façon de reconnaître les compétences
Pendant des années, le parcours de formation a suivi un modèle assez simple. On choisissait une formation, on suivait un programme défini, puis on obtenait un diplôme ou une certification qui venait reconnaître le chemin parcouru. Ce modèle a toujours sa place, mais il devient parfois difficile à adapter à un monde professionnel qui change beaucoup plus vite qu'avant.
Aujourd'hui, les métiers évoluent, de nouvelles technologies apparaissent et certaines compétences deviennent indispensables en quelques années, voire en quelques mois. Dans ce contexte, il n'est pas toujours nécessaire de reprendre une formation complète pour apprendre quelque chose de nouveau. Un professionnel peut simplement avoir besoin de renforcer une compétence précise pour évoluer dans son poste, répondre à un nouveau besoin ou préparer la suite de sa carrière.
C'est dans ce contexte que les microcertifications numériques prennent tout leur sens, en permettant de reconnaître des compétences ciblées et de les valoriser au moment où elles sont réellement acquises.
Une microcertification numérique permet justement de mettre en lumière ces compétences qui, auparavant, restaient parfois difficiles à montrer. Elle peut concerner la maîtrise d'un outil, une méthode de travail, une compétence technique ou un savoir-faire spécifique lié à un métier.
Les entreprises cherchent de plus en plus à comprendre ce qu'un candidat sait réellement faire et comment ses compétences peuvent répondre à leurs besoins. Les microcertifications apportent une réponse concrète en donnant une preuve vérifiable des apprentissages réalisés. Elles correspondent aussi à une nouvelle manière de se former, plus progressive et plus proche des réalités professionnelles.
Au fil de sa carrière, une personne peut ainsi accumuler différentes certifications et construire un portefeuille de compétences qui évolue avec elle. Pour les établissements de formation, cela représente un changement important : l'enjeu n'est plus seulement de proposer un parcours unique, mais de créer des expériences d'apprentissage plus flexibles, capables d'accompagner les apprenants et les entreprises dans un environnement qui ne cesse d'évoluer.
L'Europe accélère vers une reconnaissance commune des microcertifications
Le développement des microcertifications ne vient pas uniquement des plateformes numériques ou des initiatives privées. Depuis plusieurs années, l'Union européenne s'intéresse également à cette nouvelle manière de reconnaître les compétences, car elle répond au besoin de mieux accompagner les évolutions du monde du travail et permettre à chacun de continuer à apprendre tout au long de sa vie.
En juin 2022, le Conseil de l'Union européenne a adopté une recommandation sur une approche européenne des microcertifications pour l'apprentissage tout au long de la vie et l'employabilité. Cette décision représente une étape importante dans la construction d'un cadre commun autour de ces certifications. L'objectif n'est pas de remplacer les diplômes existants, qui restent indispensables, mais de les compléter avec des formats plus flexibles capables de reconnaître des compétences précises acquises dans différents contextes, que ce soit lors d'une formation, dans une entreprise ou à travers une expérience professionnelle. Pour que ces certifications puissent être reconnues au-delà des frontières, l'Europe cherche également à instaurer davantage de confiance en encourageant des principes communs autour de leur qualité, de leur contenu et de leur évaluation.
Cette évolution répond aussi à une réalité que les établissements de formation et les entreprises observent déjà. Les parcours professionnels sont aujourd'hui moins linéaires qu'auparavant. Une personne peut apprendre à différents moments de sa carrière, auprès de plusieurs acteurs comme une université, un organisme de formation, une entreprise ou une plateforme spécialisée.
Dans ce contexte, il devient important de pouvoir identifier clairement les compétences acquises et de leur donner une valeur véritable. Les microcertifications permettent justement de rendre ces apprentissages plus visibles et de construire un parcours professionnel plus cohérent. Pour les organismes de formation européens, cette évolution représente une opportunité de repenser leurs modèles en proposant des parcours plus modulaires, plus transparents et davantage connectés aux besoins du marché.
Ceux qui intégreront progressivement cette approche pourront mieux répondre aux attentes des apprenants et accompagner plus efficacement le développement des compétences tout au long de la vie professionnelle.
Pourquoi l'approche par blocs de compétences devient stratégique
Les microcertifications prennent tout leur sens lorsqu'elles s'inscrivent dans une approche par blocs de compétences. Plutôt que d'attendre la fin d'un parcours complet pour reconnaître les acquis d'un apprenant, cette approche permet de valoriser chaque compétence développée au fur et à mesure. Un bloc de compétences représente un ensemble cohérent de connaissances et de savoir-faire qui peut être évalué et reconnu de manière indépendante, tout en gardant sa place dans un parcours de formation plus global.
Cette manière de penser la formation correspond davantage aux besoins actuels des professionnels. Aujourd'hui, il n'est pas toujours possible, ni nécessaire, de suivre une formation longue dans son intégralité pour développer une nouvelle compétence. Un salarié peut avoir besoin de renforcer un savoir-faire précis pour évoluer dans son poste, préparer une reconversion ou répondre aux nouvelles attentes de son secteur. Avec une organisation par blocs, chaque étape du parcours peut être reconnue et valorisée.
Pour les établissements de formation, cela offre également plus de souplesse, car leurs contenus peuvent évoluer plus facilement et leurs parcours peuvent être construits au plus près des besoins des apprenants et des entreprises.
Cette approche trouve tout son intérêt dans les secteurs où les compétences évoluent rapidement, comme le numérique. Un professionnel peut par exemple développer dans un premier temps des compétences en cybersécurité, puis compléter progressivement son parcours avec des connaissances en gestion des données ou en intelligence artificielle, en fonction de son projet professionnel. La formation devient alors plus flexible et davantage centrée sur les compétences réellement acquises. L'objectif n'est plus seulement de suivre un programme défini, mais de pouvoir montrer concrètement les capacités développées et leur valeur dans le monde professionnel.
La certification numérique, un nouveau standard de confiance
Le développement des microcertifications entraîne aussi une évolution dans la manière dont les compétences sont reconnues et partagées. Un certificat numérique ne se limite pas à remplacer un document papier par une version en ligne. Il permet d'aller plus loin en apportant des informations fiables sur la certification obtenue, l'organisme qui l'a délivrée, les compétences évaluées ainsi que les critères qui ont permis son obtention.
Cette évolution joue un rôle important pour créer davantage de confiance entre les établissements de formation, les apprenants et les employeurs. Une compétence reconnue doit pouvoir être facilement comprise, vérifiée et valorisée par les différents acteurs qui consultent le parcours d'une personne. À l'avenir, les portefeuilles numériques de compétences pourraient devenir un véritable outil de suivi professionnel, permettant à chacun de conserver, de présenter et de valoriser les compétences acquises tout au long de son parcours.
Comment Prosoon accompagne les établissements dans cette évolution
La transition vers les microcertifications et les blocs de compétences représente une grande opportunité pour les établissements de formation, mais elle implique aussi de repenser la manière de créer, gérer et reconnaître les parcours d'apprentissage. Pour accompagner cette évolution, Prosoon aide les organismes de formation à mettre en place des certifications numériques fiables, sécurisées et facilement partageables. L'objectif est de permettre aux établissements de mieux valoriser les compétences développées par leurs apprenants et de leur offrir des preuves concrètes de leurs acquis.
Au-delà de l'outil numérique, cette évolution traduit un changement plus profond dans la façon de concevoir la formation. Il ne s'agit plus uniquement de valider un parcours complet arrivé à son terme, mais de reconnaître chaque compétence acquise au moment où elle est développée. Pour les établissements qui souhaitent anticiper les transformations de la formation professionnelle, les microcertifications ouvrent ainsi de nouvelles possibilités pour construire des parcours plus flexibles, renforcer l'employabilité des apprenants et rapprocher davantage la formation des besoins du monde du travail.
Références
Conseil de l'Union européenne. Recommendation on a European approach to micro-credentials for lifelong learning and employability (2022).
Commission européenne. Une approche européenne des microcertifications.
Commission européenne. European Skills Agenda.
CEDEFOP. Travaux sur les compétences, les certifications et l'évolution de la formation professionnelle.
France Compétences. Travaux relatifs aux blocs de compétences et aux certifications professionnelles.